Leonardo da Vinci : sa vie, ses oeuvres

Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Leonardo da Vinci est un personnage  fascinant. C'est l'un des plus grands artistes de la Renaissance italienne. Il est à la fois peintre, sculpteur, ingénieur et architecte.

                     

                             Pèle-mèle de quelques oeuvres

  Né le 15 avril 1452 à Vinci, un petit village de la région de Florence, en Toscane, des amours entre Piero da Vinci, notaire et fils de notaire, et de Caterina, une jeune paysanne d'Anchiano, un hameau proche de  Vinci, Leonardo a été reconnu par Antonio da Vinci , son grand-père qui ne voulait pas que son petit fils soit abandonné. Le père de Leonardo, Piero,  ne souhaitait pas épousée Caterina, car il avait d'autres projets.  Huit mois après la naissance de Leonardo, Piero épouse  Florence Albiera di Amadori âgée alors de 16 ans et fille d'un autre notaire. Quant à Caterina, la mère de Leonardo, elle épousera Antonio di Buti, un chaufournier avec qui elle aura beaucoup d'enfants. Leonardo continuera néanmoins de lui rendre visite. 

Il fréquente l'école du village. Il y apprend à lire, à écrire et à compter.  C'est un enfant turbulent et désireux déjà de tout connaître et de tout comprendre. Pourtant, personne ne se soucie vraiment de lui, du fait qu'il soit gaucher ou encore de corriger son écriture spéculaire (appelée également écriture "en miroir" car il faut placer le texte écrit de cette façon devant un miroir pour pouvoir le déchiffrer. Les lettres et, par conséquent, les mots s'ordonnent dans le sens inverse du mode de lecture normal).  Cet exemple d'écriture se retrouve notamment dans la prise de notes de Leonardo sur l'Homme de Vitruve relative à l'étude des proportions du corps humain selon le traité d'architecture de Vitruve, architecte romain du Ie siècle avant  JC.  L'homme de Vitruve est le symbole de l'humanisme et l'homme le centre de l'univers. Ce célèbre dessin est exposé à la Galerie de l'Académie de Venise.  

                             

                   L'Homme de Vitruve - 1490

En dehors de son grand-père qui lui témoigne de l'affection et le laisse vagabonder à son aise, personne ne se soucie donc de lui et encore moins de son avenir. Il ne pourra en aucun cas, devenir notaire comme son père, car la corporation des juges et des notaires n'accèpte pas, à l'époque, les enfants "illégitimes". Ces enfants, n'ayant pas la voie tracée par leurs parents peuvent néanmoins espérer faire fortune dans les armes, les lettres ou les arts.

Au décès de son grand-père, son père le fait venir à Florence. Leonardo âgé de 17 ans entre chez Andrea del Verrocchio qui possède un atelier. Son apprentissage durera 6 ans. Faisant à la fois office d'école et de commerce, il y apprend la taille des pointes d'argent et des stylets, le modelage, la qualité des différents bois qui servent de support à la peinture, les enduits, le transfert des dessins sur une surface préalablement blanchie, les couleurs et leurs nuances obtenues à partir de pigments mais également la fonderie, la soudure, l'orfèvrerie, la sculpture et la ciselure. Il est toujours enjoué et ne se fatigue jamais de tailler, de coller ou de marteler. Puis il découvre les livres et notamment les oeuvres de Dante, Pétrarque, Boccace et Ovide. Par ailleurs, il excelle en musique et a une jolie voix. Il chante en s'accompagnant d'un luth. On comprend mieux maintenant pourquoi Leonardo avait de si grandes aptitudes dans des domaines aussi divers et variés !

Son maître, Andrea del Verrochio voit en Leonardo, l'un des espoirs de son atelier et le laisse déjà collaborer à ses oeuvres. Leonardo commence par peindre de petits sujets mais il voudrait qu'on lui confie aussi des sujets plus importants et délicats. Les commandes se succèdent à un rythme fou. Tous les Florentins veulent des portraits, des masques pour le carnaval, des costumes, des canevas pour les tapisseries, des carmures, des coffres de mariage, des décors de théâtre... Del Verrochio ne refuse aucune commande et Leonardo travaille énormément.

En 1472, il devient membre de la corporation des peintres de Florence mais travaille toujours pour Del Verrochio.

 

                           L'annonciation vers 1743

Alors que tout lui souriait, en 1476, il se retrouve, le 8 avril, devant les tribunaux, à cause d'une lettre anonyme qui l'accusait d'avoir acheté les charmes de Jacopo Saltarelli, l'un de ses premiers modèles. Il fut acquitté le 7 juin 1476, faute de preuve. Leonardo, blessé, d'avoir été accusé de telle sorte, se jure qu'il fera de sa vie privée une forteresse. Puis, il se promet de ne plus être qu'un simple talent prometteur. A compter de ce jour, il veut réaliser une oeuvre qui médusera ses contemporains.

                         

                        La Vierge à L'oeillet -1473/1476

En 1477, il ouvre donc son propre atelier. Parmi ses commandes, il en obtient une des moines augustins à Scopeto dont le couvent est situé au-delà des remparts de Florence. Les frères le dédommagent en lui adressant des dons en nature : un baril de vin rouge, des fagots, une charge de bûches... A chaque fois, ils notent dans leur registre la valeur de leur livraison pour la déduire des gages qu'ils doivent à Leonardo quand il aura achevé l'Adoration des Mages. Il réalise quelques madones mais son atelier à une réputation sulfureuse. On lui reproche également de se disperser entre les commandes et ses passions : la géographie et les mathématiques. Plus la liste de ses centres d'intérêt se rallonge, plus les commandes sont rares.  

                 

          l'Adoration des Mages-1481        Vierge aux rochers-1483

Le parti de Leonardo est celui des inventeurs, des novateurs, des découvreurs, de ceux qui trouveront un jour la quadrature du cercle. Un défi à l'intelligence que relève Leonardo !

Il quitte Florence, et part tenter sa chance à Milan auprès d'une autre cour, déçu, entre autres choses, de ne pas avoir été choisi parmi les meilleurs artistes que Laurent de Médicis a envoyé à Rome pour décorer la nouvelle chapelle du Saint-Père.

Huit ans après son arrivée à Milan, il triomphe. Leonardo a dressé un décor de rêve dans les salles du château de Milan à l'occasion de la fête qui sera donnée le 13 janvier 1490 en l'honneur du mariage de Gian Galeazzo Sforza (duc de Milan) avec Isabelle d'Aragon. Devant tant de splendeurs, le duc Bari, lui demande de réaliser le portrait de sa belle. Tout le monde à Milan peut admirer le tableau de "la Dame à l'hermine" réalisé par Leonardo.

                     

               Dame à l'hermine -1488-1490

Il n'en fallu pas davantage pour que Leonardo soit à la mode, reconnu, célébré et courtisé. Mais il a surtout obtenu la commande dont il rêvait : "la statue équestre de Francesco Sforza" pour laquelle tous les artistes ont déjà soumis à Ludovic le More des projets dont aucun n'a reçu d'approbation. La statue en terre qu'il réalise dans son atelier mesure plus de 7 mètres, sans le piedestal.

                    

                       Gran Cavallo - 1493

En novembre 1493, il l'expose et tous les poètes composent des vers en l'honneur du "Gran cavallo". Il lui reste maintenant à fondre le modèle en bronze, ce qu'il ne pourra pas faire car tout le métal a été donné en 1494 à Hercule d'Este pour qu'il puisse fondre des canons. Le duc Ferrare, comme bon nombre de princes italiens, s'opposait à l'époque à l'entrée des troupes du Roi Charles VIII qui voulait conquérir Naples.

Leonardo n'en est pas moins exalté par ses succès. Il croit désormais que tout est possible y compris de voler...son grand rêve ! Il cherche à comprendre comment peuvent voler les oiseaux. Il étudie leur vol et l'anatomie de leurs ailes ainsi que la fonction et la position des plumes. Leonardo est fasciné par la légende grecque d'Icare qui raconte comment un jeune homme réussit avec son père Dédale, à s'échapper du labyrinthe où ils étaient prisonniers. Pour y parvenir, Dédale aurait fabriqué des ailes en plumes d'oiseaux soudées entre elles par de la cire. Les deux hommes se seraient envolés hors du labyrinthe mais Icare, grisé par le bonheur de voler comme un oiseau, se serait approché un peu trop près du soleil ce qui aurait fait fondre la cire utilisée pour ses ailes. Il serait alors tombé dans la mer et s'y serait noyé.

       

                                      La chute d'Icare

Leonardo met alors au point une fabuleuse machine: l'ornithoptère dont le nom signignie "aile d'oiseau". Elle mesure 12 mètres d'envergure et possède deux grandes ailes semblables à celles des chauves-souris et une nacelle. On raconte qu'un jeune homme l'aurait essayée en s'élançant d'un mont italien. La machine aurait volé et plané avant de s'écraser. L'intrépide jeune homme se serait noyé, ce qui aurait poussé Leonardo à abandonner ses travaux sur le vol.

                    

L'ornithoptère d'après les carnets de Leonardo. Les mains actionnaient des leviers pendant que les pieds pédalaient. Il s'agit donc d'une machine qui fonctionne grâce à la force musculaire de l'homme.

 En 1496, il doit terminer la fresque destinée au réfectoire du Monastère de Santa Maria Delle Grazie  (Sainte-Marie des Grâces) , commencée en 1494, mais il préfère passer du temps avec Luca Pacioli, un mathématicien qui rédige "De divina proportione" (une encyclopédie mathématique) que Leonardo doit illustrer.

                              

                              Divine proportion

     

                                   La Cène - 1494-1497

Sur la fresque de la Cène, qui représente le dernier repas de Jésus avec ses douze apôtres, on reconnaît  Marie-Madeleine assise à la gauche du Christ (donc à sa droite), se tenant près de lui, les doigts entrelacés.  Le Christ vient d'annoncer à ses apôtres que l'un d'eux le trahira. On peut les voir par groupe de trois autour de la table et voir leurs expressions tantôt indignées, tantôt exaltées.

Pour réaliser cette fresque, Leonardo passe des heures entières à suivre dans la rue des gens afin de mémoriser leurs airs et leurs mimiques. A peine rentré dans son atelier, il les croque et garde ses dessins dans un carton.   

En 1500, Leonardo  revient à Florence mais avant il a séjourné quelques mois à Venise où il s'est occupé d'étudier la possibilité de consolider les rives de l'Isonzo. Il s'est surtout passionné pour l'imprimerie, la Cité des Doges étant à la pointe de l'innovation dans ce domaine. Il passe de très nombreuses heures à la Scuola di Rialto, le plus grand marché du livre d'Europe. C'est là qu'il a pris la décision de mettre de l'ordre dans ses innombrables carnets afin de publier plusieurs traités mais il ne sait pas par lequel commencer. Dix-huit années se sont donc écoulées depuis qu'il est parti de Florence pour rejoindre la cour de Ludovic Sforza. Il trouve que la ville a bien changé...

La vigne qu'il a reçue de Ludovic Sforza lui rapporte des rentes et son crédit à Santa Maria Nuova est assez conséquent pour qu'il puisse se permettre de ne pas courir derrière la première commande venue. Il se demande s'il va continuer de peindre ou bien se consacrer exclusivement à écrire une oeuvre qui abordera aussi bien l'anatomie que la géologie, la musique que la peinture, les mathématiques, l'optique, l'architecture, la botanique... le choix est difficile, il commencera la peinture du tableau Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus en 1502 et rejoindra César Borgia qui l'a invité en Romagne et qui le fascine. Pour lui, Leonardo avait dressé des cartes d'état-major comme personne n'en avait dressé avant lui.

                         

Sainte-Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus - 1502/1513.  (Leonardo remarque que la couleur des éléments change en fonction de leur distance. Il écrit : "ce que tu veux qui soit 5 fois plus lointain,  fais-le 5 fois plus bleu". Dans ce tableau, les montagnes de l'arrière-plan sont légèrement teintées de bleu et leurs formes estompées. C'est ce que l'on appelle la perspective atmosphérique).

En 1504, le père de Leonardo meurt à Florence à l'âge de 80 ans. Leonardo quitte César Borgia. 

Il réalise le portrait de Lisa Gherardini, une belle florentine et épouse de Francesco del Giocondo dite Mona Lisa ou La Joconde. Ce tableau exposé au Musée du Louvre deviendra le plus célèbre de Leonardo da Vinci. Sa célébrité vient de son originalité : le non-respect des conventions (une jeune femme mariée habillée en courtisane), le premier tableau représentant un sourire, le paysage dévasté de l'arrière plan symbolisant le temps qui passe. Le vol de la toile au Louvre en 1911 par un italien patriote, renchérit encore sa valeur aux yeux des français. Cependant, le célèbre tableau n'a pas fini d'alimenter les thèses les plus folles. Dernièrement, une équipe de chercheurs italiens avançaient la thèse que Mona Lisa était un homme. Selon eux, le modèle de la Joconde était Salaï de son vrai nom Gian Giacomo Caprotti. Le président du comité national pour la valorisation des biens historiques affirme avoir trouvé un S (pour Salaï) et un L (pour Leonardo) dans les yeux du portrait, ainsi que le chiffre 72 en fond. Le Louvre, propriétaire de la toile n'y croit pas, estimant que les craquelures dues au vieillissement de la toile donnent naissance à des sur-interprétations. Le tableau avait été soumis à une série de tests en 2004 et en 2009, aucune inscription n'avait alors été décelée.      

                      

                     La Joconde - 1503/1506

Au cours de la 4ème guerre d'Italie qui a lieu de 1508 à 1513, les troupes de Louis XII mettent en déroute celles de Venise. Leonardo rencontre Louis XII qui s'adresse à lui de manière très attentionné en l'appelant "notre cher et aimé Léonard de Vinci". Leonardo est la coqueluche des français.

                         

Saint Jean-Baptiste 1513/1516. (Pour faire surgir la forme du tableau, Leonardo utilise des effets d'éclairage et de clair-obscur (jeux d'ombre et de lumière). Il invente le sfumato, une technique consistant à faire vibrer les contours des figures en les inscrivant sur un fond obscur. Selon lui, il n'y a pas de limite nette entre un corps et l'air qui l'entoure. Ce tableau illustre bien le conseil du maître).

François 1er est roi de France de 1515 à 1547, succèdant à son cousin Louis XII. C'est un grand amateur d'art italien et il est fasciné par Leonardo. Lorsque François 1er fait sa connaissance en Italie où il est venu faire la guerre pour s'emparer du duché de Milan et qu'il sortira victorieux de la bataille de Marignan, Leonardo traverse des moments difficiles, supplanté par Raphaël et brouillé avec Michel Ange. François 1er lui propose de venir en France.

A l'automne 1516, Leonardo traverse les Alpes à dos de mulet, accompagné de son élève Francesco Melzi. Il n'emporte avec lui que ses malles, ses carnets de notes et trois toiles : la Sainte Anne, le Saint Jean-Baptiste et La Joconde (la préférée de François 1er). A son arrivée, François 1er le traite avec honneur et le nomme "Premier peintre, architecte et ingénieur du Roi". Il met à sa disposition sa demeure, ainsi qu'une pension princière de 700 écus d'or par an et lui paye ses oeuvres, ne demandant en échange que le plaisir de l'entendre converser sur l'art, ses inventions et les techniques nouvelles. Leonardo travaillera comme ingénieur, architecte et metteur en scène, organisant pour la Cour des fêtes merveilleuses. Il inspire autour de lui la pensée et la mode. Avant de mourir,  il rédigea son testament, léguant ses manuscrits, ses carnets de dessins et croquis à son disciple Franceso Melzi. Très tôt, Leonardo da Vinci avait consigné ses recherches sous formes de notes, agrémentées de dessins et de croquis sur des feuillets ou des carnets lorsqu'il voyageait. Il les enrichissait au fur et à mesure de ses études. Lorsque Francesco Melzi récupère à la mort de son maître, pas moins de 13 000 documents, il tente de les rassembler par thème mais n'y parvient pas. Les documents tombent ensuite dans l'oubli et sont dispersés jusqu'au 18è siècle où un collectionneur anglais, les réunit dans des codex. Aujourd'hui, ils sont exposés dans plusieurs musées d'Europe.   

Leonardo da Vinci s'est éteint le 2 mai 1519 à Amboise au Manoir de Cloux, sa première demeure car il a passé toute sa vie à voyager. Au manoir de Cloux qui prendra en 1660 le nom de Château du Clos Lucé, il était libre de penser, rêver et travailler comme il l'entendait.  Le manoir n'est situé qu'à quelques centaines de mètres du Château Royal. D'après la légende, un souterrain secret reliait le Château au Manoir. 

       

   Le Clos Lucé                     Le Château Royal d'Amboise

A la suite de la profonation de sa sépulture pendant les guerres de religion, il repose désormais dans la chapelle Saint-Hubert du Château Royal d'Amboise. 

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