Edgar Degas

                                              Edgar Degas (1834-1917)

"C'est très bien de copier ce que l'on voit, mais c'est beaucoup mieux de dessiner ce que l'on ne voit plus que dans sa mémoire. C'est une transformation pendant laquelle l'imagination collabore avec la mémoire. Vous ne reproduisez que ce qui vous a frappé, c'est-à-dire le nécessaire". ". (Degas)

                                        

                                         Autoportrait - 1862

Hilaire Germain Edgar de Gas dit Edgar Degas est né le 19 juillet 1834 à Paris. Fils du banquier Auguste de Gas et de Célestine Musson.

Jeune homme, Degas avait l'habitude de se rendre à l'Opéra avant qu'il ne brûle dans la nuit du 28 au 29 octobre en 1873. Son père donnait aussi des concerts chaque lundi dans son hôtel particulier.

Après l'obtention de son baccalauréat, Degas se rend à la Faculté de droit mais n'est pas très enthousiaste car il préfère déjà la peinture.

En 1854,  il devient l'élève de Louis Lamothe qui perpétuait l'enseignement d'Ingres et apprend l'exigence du beau.

En 1855, Degas est admis aux Beaux-Arts.

Dans sa première période, qui court du milieu des années 1850 au début des années 1870, il explore une veine classique.

                                    

                                 Degas au porte-fusain - 1855                   

De 1856 à 1860, Degas est en Italie. Il se rend d'abord à Naples puis à Rome où il fréquente Gustave Moreau et Georges Bizet (le voyage est un parcours obligé pour les artistes depuis la Renaissance). Il découvre les oeuvres du Quattrocento, plus particulièrement celles de Signorelli, Botticelli et Raphaël.  Il s'installe ensuite à Florence, chez son oncle, le baron Bellelli (les de Gas s'étaient "exilés en Italie pendant la Révolution), tandis que par sa mère, Degas était apparenté aux Musson de la Nouvelle-Orléans.  

A Florence, il fait les portraits de toute sa famille dont son premier chef-d'oeuvre, le portrait de "la Famille Bellelli" exposé au Salon de 1867. Même si l'on retrouve une peinture classique avec des vêtements noirs et des drapés blancs,  l'originalité réside dans la mise en scène. Le tableau sera acheté par le musée du Luxembourg à la mort de l'artiste qui l'avait gardé dans un coin de son atelier.       

                       

                                          La famille Bellilli - 1858/1860   

Degas se démarquait de toutes les modes mais il aimait les spectacles. La vie est un spectacle et les spectacles sont la vie. Il fait la connaissance de Manet au Louvre en 1863. Ils deviendront amis mais se querelleront souvent. Degas fréquente les lieux publics et notamments les cafés. Au café Guerbois près de la pace de Clichy en 1864, lieu fréquenté par les peintres d'avant-garde, Manet lui présente : Cézanne, Renoir, Sisley, Pissaro, Monet et Bazille.

Degas mène une vie mondaine et se rend aux courses à Longchamp. Il aimait les chevaux et se plaisait à dire : "Je suis un cheval de course. Je cours les grandes épreuves mais je me contente de ma ration d'avoine". Ce qu'il aimait dans les chevaux, c'était la pureté plastique. Dans les courses, il trouvait un thème riche à exploiter.  

     

Course de gentlemen. Avant le départ - 1862                Le Défilé 1866/1868               

                                        

                                         Champ de course - 1876/1887

Degas était également fasciné par les danseuses depuis la fin des années 1860. A travers la danse qui le passionne, il peut aborder un thème véritablement moderne : le mouvement. Alors que les oeuvres de ses amis semblent vouloir capter une sorte d'instant intemporel, Degas suggère, par le mouvement des danseuses, la succession des instants : la problématique du temps, peu présente chez les impressionnistes, est au coeur de son travail. Il aimait se retrouver au milieu des petits rats de l'Opéra pour les observer en train de travailler leurs  exercices d'échauffement dans la salle de classe, ou bien en train d'évoluer sur la scène lors des répétitions de ballets. De très nombreuses études sur les danseuses lui ont permis  de réaliser toute une série de tableaux sur ce thème, à la peinture à l'huile d'abord, puis au pastel. L'Opéra de la rue Peletier était un lieu que Degas affectionnait tellement, qu'il le faisait revivre dans de nombreux tableaux bien des années après sa destruction en 1876. 

 

L'orchestre de l'Opéra - 1870              Musiciens à l'orchestre 1870/1871

              

            Le foyer de la danse à l'Opéra de la rue Le Peletier - 1872

         

                                  La répétition sur scène - 1874  

  

                  L 'étoile - 1876                                    Fin d'arabesque 1876/1877        

   

       Danseuses Petits rats - 1878                             La Star - 1879/1881

     

                                      L'Ecole de danse - 1879/1880

En 1872 et 1873, Degas rend visite à la famille de sa mère qui se trouve à la Nouvelle-Orléans. Lorsqu'il en revient, Degas se replonge dans le monde des soirées et des nuits. En Amérique, comme en Italie, il avait énormément travaillé, mais avait fini par trouver fastidieux l'univers des bureaux de coton : "On ne fait rien ici que du coton, on vit pour le coton et par le coton". A Paris, il retrouvait matière à stimuler son imagination tout en conservant une position d'observateur détaché. Le véritable travail s'effectuait dans le silence de l'atelier où, contrairement à Manet, il n'invitait personne.

  

                 Le Bureau de coton à la Nouvelle-Orléans - 1873

En 1874, Degas participe activement à la première exposition impressionniste. C'est la liberté de peindre prônée par le groupe des impressionnistes qui motive Degas à rejoindre le mouvement car contrairement au groupe qui peint en plein air, il réalise des tableaux d'intérieurs vraissemblablement à cause d'un grave problème oculaire : il n'arrivait pas à supporter la lumière du soleil trop intense pour ses yeux. De ce fait, il  s'est toujours distingué par la recherche de techniques qui étaient mieux adaptées à son handicap visuel. 

En 1876, deux ans après la première exposition impressionniste où déjà ses "Danseuses" avait frappé la critique,  Degas dut se séparer de son hôtel particulier de la rue Blanche pour honorer la dette de  son frère René qui avait rencontré des difficultés financières à la Nouvelle-Orléans. Il s'installa cité Frochot.

                        

                          Dans un café ou l'Absinthe - 1876

Cette toile moralisatrice de 1876 devenue célèbre a été peinte au café de la Nouvelle Athènes place Pigalle. Degas y dénonce le problème de l'alcoolisme dû à une trop grande consommation d'absinthe, alcool prisé de l'époque qui a fait tellement de ravages qu'il finira par être interdit par l'Etat.  Les modèles sont : l'actrice Ellen Andrée et le graveur Marcel Desboutin, tous deux amis de Degas. Ils ont des visages inexpressifs, le regard vide, ils  ne se regardent pas et restent chacun de leur côté, enfermé dans leur mutisme et leur solitude.  Sur ce tableau très réaliste, Ellen Andrée et Marcel Desboutin avaient été reconnus. Pour éviter que leur réputation ne soit entâchée, Degas intervint publiquement pour déclarer qu'ils n'étaient pas alcooliques !

A partir de 1877, Degas délaisse peu à peu l'huile au profit du pastel. Selon François Fosca, un critique d'art de l'époque :"La raison de ce changement de technique est due en réalité à la nature inquiète et scrupuleuse de Degas qui voulait pouvoir retoucher son travail indéfiniment, l'abandonner pour le reprendre ensuite, parfois après des années , sans être entravé par la matière de la peinture à l'huile  qui, tantôt n'était pas encore sèche, ou  tantôt l'était trop. Le pastel lui accordait sur ce point toute la liberté qu'il souhaitait et donnait, en outre à ses oeuvres, une matité qu'il semble avoir beaucoup appréciée."

           

                  Femmes à la terrasse d'un café, le soir - 1877

                           

                           Miss La La au cirque Fernando - 1879

Dans les années 1880 sa vue faiblit beaucoup, Degas vit toujours à Montmartre mais il a déménagé au 50 rue Lepic. Tous les lundis, il se rend à l'Opéra Garnier inauguré en 1875. Pour le reste, hormis les dîners chez les Rouart ou chez les Halévy, il vit seul au milieu de ses toiles dont il ne se défait qu'avec difficulté. Durand-Ruel raconta que lorsque Degas cédait une toile, son plus cher désir était qu'elle ne fût pas vendue et il n'aurait pas manqué d'en dire du mal s'il en avait eu l'occasion.

En 1881, Degas affirme que "C'est dans le commun qu'est la grâce" et le prouve en exposant une sculpture à la sixième exposition impressionniste qui se tient à la galerie Durand-Ruel, boulevard des Capucines. Sa "Petite danseuse" laisse d'abord la critique muette, puis Jules Clarétie (celui-même qui avait hurlé au crime devant "Olympia", une toile de Manet, peinte en 1863 mais présentée en 1865 au Salon ) dira devant cette oeuvre d'une vérité troublante : "Le museau vicieux de cette fillette à peine pubère, fleurette du ruisseau, reste inoubliable". L'oeuvre de Degas fut violemment critiquée, accusée de représenter la fillette de manière bestiale. Colorée au naturel et coiffée de vrais cheveux, "La Petite danseuse" est vêtue d'un tutu et de véritables chaussons de danse. Cette sculpture est la seule connue du public de l'époque. Il aurait pris pour modèle, Marie van Goethem, une fille d'immigrés belges installés à Paris vers 1861, vivant seule avec sa mère et ses deux soeurs. Leur père étant décédé, pour survivre,  les trois soeurs vont intégrer l'Ecole de danse de l'Opéra tout en posant dans des ateliers d'artistes.  Au décès de Degas, on trouva dans son atelier 150 sculptures en cire et en terre. Seules 73 cires purent être sauvées et furent confiées à Hébrard qui en fondit 22 séries en bronze exposées pour la première fois en 1921 puis en 1930 au Louvre. C'est son exigence qui conduisit Degas à la sculpture à partir des années 1860 pour mieux comprendre le mouvement et ses études n'étaient destinées qu'à améliorer ses peintures.

    

Petite danseuse de 14 ans-1881   Grande arabesques 1885/90   Danseuse espagnole*

* 1882/1900  

En août 1885, Degas voyage entre Le Havre et Dieppe, mais la côte ne l'inspire pas. Les danseuses demeurent son thème privilégié. Sa technique se diversifie : il mélange peinture à l'essence et pastel et il invente le monotype.  Mais ses problèmes de vue   s'aggravent.   

En 1886, le peintre a alors 52 ans. En janvier, il est allé à Naples. La huitième exposition impressionniste se prépare. Ce sera la dernière. Pourtant, le succès est là. Aux Etats-Unis, une exposition impressionniste s'ouvre le 10 avril à Madison Square grâce à la collaboration de Durand-Ruel et de James Sutton, le fondateur de l'American Art Association. Vingt-trois tableaux de Degas y sont présentés. Au cours de cette dernière exposition impressionniste en 1886, Degas montre une série de "Nus de femmes se baignant ou se faisant peigner". Quelques années auparavant, il avait provoqué l'étonnement des Halévy en leur demandant l'autorisation de voir leur cousine Geneviève Bizet se peigner.

         

Femme nue se coiffant - 1885                             Le Tub - 1886

En 1899, il est consacré "Phénix des collectionneurs" par ses amis. Depuis les années 1880, la situation financière de l'artiste s'améliore et il achète de très nombreuses oeuvres d'artistes impressionnistes mais également celles des grands maîtres classiques tels que Delacroix, Ingres (en acquérant une petite version d'Oedipe et le Sphinx), ou encore des artistes modernes.

A partir de 1911, Degas cesse toute activité artistique...il ne voit presque plus.

Degas meurt aveugle le 26 septembre 1917 à l'âge de 83 ans. Il repose dans le cimetière de Montmartre à Paris. 

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